Robert Storr
Louise Bourgeois : géométries intimes, traduit de l’anglais par Jean-François Allain, Hazan, 2016
INHA, 4 MON 57897
34 × 29 cm
Achat, 2016

Robert Storr
Intimate Geometries: the Art and Life of Louise Bourgeois, Thames and Hudson, 2016
INHA, NZ BOUR13.A3 2016
34 × 29 cm
Achat, 2017

C’est un des premiers ouvrages que j’ai commandés pour la collection de l’INHA : une monographie de référence sur Louise Bourgeois (1911-2010) écrite par l’historien de l’art américain Robert Storr.

« L’art est une garantie de santé mentale », citation de Louise Bourgeois mise en exergue de la version française de cet ouvrage, parue la même année chez Hazan, fait figure de ligne de force visionnaire en écho à la situation que le monde vit depuis l’année 2020.

Les œuvres choisies pour illustrer les premières de couverture des deux publications en anglais et en français représentent chacune une toile d’araignée, figure chère à Louise Bourgeois, une « géométrie intime » par excellence de l’artiste, comme un autoportrait dont le tracé circulaire peut figurer un médaillon.

Sous les coupoles de la salle Labrouste, où l’exemplaire en langue anglaise est consultable en libre accès, vous pouvez observer sur les murs 36 portraits en médaillon d’auteurs anciens et modernes. Parmi eux, un unique médaillon sculpté au féminin représentant Madame de Sévigné (1626-1696).

Croisons le profil sculpté de Madame de Sévigné et le fil au tracé concentrique de « l’autoportrait » de Louise Bourgeois en une mise en écho des deux artistes. Une femme de lettres et une sculptrice plasticienne reliées en salle Labrouste, à quatre siècles d’intervalle, par une boucle allant de l’art épistolaire du XVIIe siècle aux arts plastiques du XXe siècle.

Si Madame de Sévigné vécut rue des Francs-Bourgeois à Paris, ville de naissance de Louise Bourgeois, nous pouvons relever un (autre) « croisement » dans les lignes de vie des deux artistes. Madame de Sévigné a traversé son siècle durant 70 ans, et Louise Bourgeois a traversé le sien durant 99 ans, deux longévités très avancées, de sorte que Louise Bourgeois et Madame de Sévigné ont pleinement investi le cercle artistique de leur siècle respectif.

En cette année de vingtième anniversaire, souhaitons à l’INHA d’investir la pleine circonférence artistique du XXIe siècle !

 Damien Plantey, service du Développement des collections