Don de l'artiste Vera Molnàr à la bibliothèque de l’INHA

L’artiste Vera Molnàr fait don à la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) de 272 estampes, 2 portfolios et 12 maquettes préparatoires. Ce don constitue un corpus exceptionnel, représentatif de l’ensemble de l’oeuvre de l’artiste, unique dans les collections publiques françaises et étrangères.

Vera Molnàr (1924-), Brèches 5+4 (Noir), 1989-1999, sérigraphie, 54 × 54 cm, no 7 ∕ 30. © Vera Molnàr ⁄ Paris, bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art, EM MOLNAR 61, photographie Michael Quemener

Vera Molnàr est née en 1924 à Budapest où elle a suivi l’enseignement classique à l’école des Beaux-Arts dont elle sort diplômée, professeur d’histoire de l’art et d’esthétique en 1947. Cette même année, elle quitte la Hongrie et s’installe à Paris où elle vit et travaille toujours aujourd’hui.

Choisissant très vite sa famille picturale, celle de l’abstraction géométrique, elle est durant les années 1950 une constructiviste radicale qui refuse de qualifier d’art ce qu’elle considère avec l’appui théorique de son mari François Molnàr, scientifique, psycho-physiologiste, comme des expérimentations. Dans cet esprit, elle invente dès 1959 une « machine imaginaire », procédé conceptuel proto-informatique qui consiste à se donner des instructions de composition parfaitement définies qu’accompagne ensuite une réalisation systématique, à la manière d’une machine. Elle n’a qu’un pas à franchir, en 1968, en utilisant véritablement un ordinateur pour l’aider à concevoir des oeuvres, issues de programmes, d’algorithmes qu’elle apprend à maîtriser faisant d’elle l’artiste pionnière en France du dessin génératif.

Curieuse de tous les matériaux et de tous les supports, elle dessine, colle, peint, conçoit des sculptures, programme, photographie, réalise des installations, des livres d’artiste (les livrimages) et un formidable Journal intime (1976-2020) d’ordre plastique en vingt-deux volumes de presque 5 000 pages.

Dès qu’elle le peut, elle réalise également des estampes. Initiée aux beaux-arts, elle sait très jeune comment graver sur bois ou sur linoléum. Mais parce qu’utiliser sa baignoire n’est pas sans poser quelques problèmes domestiques, elle fait appel à des professionnels pour réaliser avec elle un grand nombre d’éditions dont elle décide en 2022 de réunir un corpus très important pour en faire don à la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art.